mercredi, 18 novembre 2009
Mon marchand de journaux va mourir
Comme tous les mercredis, me voila parti faire un petit passage chez mon marchand de journaux.
Mais je me souviendrais longtemps de cette visite hebdomadaire du 18 Novembre. Car mon marchand de journaux de quartier me l'a dit : il est certain qu'il va mourir...
Le petit commerce de proximité peut-il vivre sans un marchand de journaux ?
A l'heure d'Internet et de la lecture d'un journal sur son smartphone, cela semble de plus en plus compromis. Lorsque je cherche un magazine et que celui-ci n'est pas disponible, mon interlocuteur semble desespéré.
"Le système de livraison est catastrophique, c'est lui qui va finir par tous nous faire crever" me dit-il sans sourciller. Il me précisera que l'un des points de vente dans lequel j'aurai plus de chances de trouver l'un des mes magazines se situe non pas en ville mais à la Gare. Comprenez que même la maison de la presse serait moins bien servie que le petit kiosque Relay de la gare Viotte.
Le marchand de journaux s'inquiète car de plus en plus de gens s'informent par Internet, "ils achètent aussi des DVD, voyez mon étalage (quasi-vide, ndlr)". Les offres de vidéo à la demande auront eu raison des vidéoclubs mais aussi des marchands de journaux.
"Même l'Est Républicain se vend moins bien, la presse bisontine aussi" s'émeut-il avant qu'une courte note d'espoir ne survienne. Une grand-mère entre dans la boutique et achète le quotidien régional.
Comme si l'évolution des comportements ne suffisait pas, c'est aussi le développement des rayons presse dans les supermarchés qui va semble-t-il poser un problème dans les années à venir.
Mon marchand de journaux me confie que l'ouverture d'un SuperU à Roche-les-Beaupré illustre le phénomène : "il y a un rayon presse à Super U [...], quand les gens font leurs courses, ils achètent leurs journaux et ne vont plus chez mon confrère local [...] c'est un coup supplémentaire pour les petits comme nous."
Évolution de la société et des modes de diffusion (web/mobile), système de livraison archaïque et dépassé, prix des supports parfois trop élevés, kiosques numériques... la crise de la presse est bien réelle et le déclin de toute une industrie, du journaliste au marchand de journaux, est inévitable sans l'innovation et l'adaptation aux nouvelles habitudes de la population.
D'ailleurs, pour reprendre un constat issu du blog d'une grande agence de presse : "la valeur économique des médias traditionnels (journaux papier, magazines, chaînes de télédiffusion, ...) s’effondre par rapport aux nouveaux usages et comportements d’une société en plein bouleversement. Les ruptures ne sont pas seulement technologiques, elles sont aussi sociétales. Le public n’est plus le même. Le monde a changé."
Avant que l'on se quitte, le commerçant de presse me glissera - blasé - que "de toute façon [...] on le sait, nous sommes condamnés, on va mourir".
13:02 Publié dans On m'a dit que... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : besançon, presse, médias, journaux, commerce
















Commentaires
Et même Google confirme la tendance : http://www.techcrunch.com/2009/11/18/google-search-suggestions-newspapers-are/
Ecrit par : Nyro | mercredi, 18 novembre 2009
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